Archives de Catégorie: cours

La toute première jupe

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Ma prof de couture, Yvette, a un rituel de passage pour celles qui débutent à ses cours. Ce rituel s’appelle « jupe corolle ».

La jupe corolle est on ne peut plus simple: juste un demi-cercle, ou 3/4 de cercle, ou un cercle complet, avec un trou au milieu aussi grand que la taille (ça faut le calculer, tant pis pour toi si tu fuyais ton cours de math) et une fermeture éclair sur le côté gauche (le côté du chauffeur).

C’est tellement simple que chacune invente des moyens pour la compliquer un peu – on y met une doublure, on choisit des tissus à la con que la machine à coudre n’est pas capable de travailler, on y rajoute une boutonnière… La mienne est celle-ci:

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La jupe est doublée du même tissu (aujourd’hui j’aurais choisi quand-même une autre couleur…) et la doublure a reçu une bande de tulle pliée en deux (cela évite les bords coupants qui détruisent nos beaux bas de soie) et froissée, faisant une impression de tutu et créant du volume. Voici un détail:

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Au-dessus, on voit la jupe « externe », et au-dessous la doublure avec le tulle. Ce dernier a été attaché à la jupe avec un biais, pour éviter une couture inconfortable contre le corps:

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(je suis tellement paresseuse que je n’ai même pas retiré le fil de fronce, voyez-vous).

Le projet n’est pas compliqué, mais comme la couture est un art lent et détaillé, et comme en plus je n’avais pas encore de machine à coudre et juste un cours par semaine pendant la période scolaire, cette jupe m’a pris au moins quatre mois de ma vie. Mais ça a valu la peine, je pense.

Atelier Mod’Éthique (3) – mon panneau

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Ceci est la continuation d’une série de billets sur l’Atelier Mod’Éthique. Lisez les deux premières parties ici et ici.

Pour exposer rapidement les concepts en jeu dans mon panneau de tendances, je vous en recolle l’image. Il suffit de cliquer pour la voir en plus grand:

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Le panneau (et la collection donc) s’appelle « Nos Jardins Secrets ». Le concept est simple à saisir: un jardin secret est un endroit où on peut aller pour échapper du monde réel,un endroit  où la réalité n’appartient qu’à nous et où l’on laisse entrer seulement les gens qu’on veut. Donc, le jardin secret existe dans chacun de nous et est très fortement connecté à notre enfance, à nos amis imaginaires, à notre vie mentale/spirituelle. Pour moi les jardins secrets ont toujours joué, et jouent encore, un rôle bien important.

J’ai alors étendu ce concept au-delà du purement spirituel et l’ai ramené au monde physique, plus spécifiquement dans la ville de Paris, qui fonctionne un peu comme mon grand jardin secret à moi – en me baladant par ces rues, je suis en éternel dialogue avec son histoire et les grands hommes qui y sont également passés (et Dieu sait qu’ils sont légion!).

Non seulement ça, comme derrière les grandes portes grises devant lesquelles on passe, il y a des vrais mondes, des cours arborisées, des jardins fleuris, des piscines, bref des vrais petits villages entièrement cachés aux non-initiés… Pour un « jardin secret », c’est la ville parfaite. C’est là toute la différence entre le Paris qu’on visite (en tant que touriste) et le Paris qu’on connaît (en tant qu’habitant).

Mon concept a été divisé en deux parties: les tenues de jour et celles du soir. Pendant le jour, quand on ne peux pas forcément choisir les endroits où on va ou les gens qu’on rencontre, nos jardins secrets sont ceux qu’on amène dans notre esprit – les vêtements ont donc une touche théâtrale, on représente un personnage devant les autres tout en laissant des pistes de ce dialogue actif avec le passé, qui est l’entrée de notre jardin.

C’est pendant le soir que les jardins secrets (physiques) deviennent vraiment accessibles – soit on y vit déjà et on peut vraiment y rentrer (et être finalement chez nous après un inconfortable voyage en RER), soit on part pour une soirée chez des amis chanceux chez qui on peut entendre des oiseaux et voir les étoiles… Ces robes de soirée sont, ainsi, faites de tissus nobles (satin, soie, taffetas), mais doublés du très familier (et confortable) vichy… même une fête huppée devient ainsi un picnic dans un jardin!

Atelier Mod’Éthique (2) – Les croquis

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Continuation de ce billet sur l’Atelier Mod’Éthique. La troisième partie ici.

Dans la création de mode, le croquis est, bien sûr, important – c’est la manière la plus immédiate d’exposer notre concept et de faire voir aux gens de quoi s’agit une pièce sans devoir la produire pour de vrai et la trimballer partout. Mais il ne suffit pas de dessiner une forme trapézoïdale pour représenter une jupe ou un T pour une chemise – il faut que le public puisse deviner la construction de la pièce à travers le dessin, ainsi que l’impression qu’elle fera quand elle sera sur un vrai corps humain. Donc, non seulement les coutures et pinces doivent être visibles sur le dessin, mais aussi les plis du tissu et peut-être même une impression du matériel (velours, satin, maille de laine).

Pur nous appuyer dans cette représentation, on peut se faire aider de certaines silhouettes avec des poses établies, un peu déhanchées, qui donnent du mouvement et de la vie aux vêtements représentés. Voici quelques exemples de silhouettes de mode:

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Personnellement, j’aime bien me baser sur ces poses mais dessiner les figures à main libre; sinon, il est toujours possible de transférer les figures par transparence sur un papier blanc et y ajouter les vêtements. Aussi, généralement on dessine une représentation de la création de face et une autre, plus petite, qui montre la pièce de dos.

Je pourrais écrire quelques paragraphes sur l’importance d’une représentation exacte des vêtements et de l’utilisation des proportions correctes (ou au moins des proportions d’usage) dans le dessin de mode, mais je préfère illustrer tout ça avec un exemple visuel. Voici donc un « avant/après » de ma tenue « Cuillère de Sucre »… (cliquez pour voir en plus grand)

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On voit quand-même une différence, n’est-ce pas? Je vous rappelle que j’ai quand-même un diplôme en arts plastiques, donc ce n’est pas des connaissances de dessin qui me manquaient… mais une compréhension plus profonde du dessin de représentation de mode. C’est là une des choses les plus importantes que j’ai appris pendant ce cours et ça va sûrement faciliter la création de mes travaux personnels dans l’avenir.

Ayant le dessin, on le photocopie deux ou trois fois, dans une taille réduite, pour pouvoir y faire des modifications sans gâcher l’original. Ensuite on le passe au feutre, on y met des couleurs (si on le juge nécessaire) et on le découpe pour le panneau.

Sur le premier dessin vous voyez une ébauche de ma gamme de couleurs – retirés des pages de quelques magazines. Ça a été raffiné plus tard pour le panneau définitif.

Il est désirable aussi de faire une version à plat des pièces montrées, où on en voit la construction (et des détails comme la doublure) avec plus de détail:

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Ici j’ai représenté le serre-tête « canotier », la veste en velours et la triple jupe (soie, tulle et dentelle, dans l’ordre). Tous ces éléments, avec la gamme de couleurs et les échantillons de tissu, vont aider à construire une idée solide du concept représenté.

Atelier Mod’Ethique

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Article en trois parties; lisez les deux autres ici et ici

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L’image que vous voyez ci-haut c’est un panneau de tendances. Il a été créé le long de deux semaines pendant l’Atelier Mod’Éthique, un stage de 40 heures (et oui…) sur le dessin et la création de mode animé par le styliste Bruno Le Louër et proposé par l’Antenne Jeunes Didot, à Paris, pendant le mois de juillet 2011. La meilleure partie? C’était gratuit… et énormément éducatif.

En effet, même si tout le monde a une (sale) tendance à se considérer un peu artiste, un peu musicien, un peu photographe et un peu créateur de mode, la vérité est en fait qu’on est péniblement, profondément ignorants dans tous ces domaines et d’autres encore. Ce genre d’initiative est donc très important pour nous laisser entrevoir, pour une fois, comment les choses se passent réellement dans le « vrai monde » de la mode. C’est du travail dur, détaillé, laborieux, qui exige des connaissances très diverses non seulement dans les domaines spécifiques (la couture, le dessin, les tissus) comme aussi une vaste culture générale.

C’est en unissant tous ces connaissances que le panneau de tendances – un résumé visuel d’une collection – est assemblé et présenté. On choisit notre palette de couleurs, les tissus (ou mailles!) à utiliser et on y ajoute les croquis des vêtements (des robes de soirée, des tenues de jour, des maillots de bain, des robes de mariée… bref!). On choisit des photos (ici, tirées de plusieurs magazines) qui puissent illustrer le concept de la collection et son esprit, peut-être même avec la bonne gamme de couleurs…

Pour l’instant je vous laisse avec la photo de mon panneau (cliquez pour le voir en plus grand et désolée pour la mauvaise qualité, mon ordi a mangé les bonnes images!). Dans un prochain billet je parlerai de ma « collection » en plus de détail et aussi un petit peu plus des connaissances que j’ai acquises.